Microstock diabolisé Vendre ses photos en ligne

Comment comprendre que certains photographes diabolisent les microstocks

Depuis l’apparition des banques d’images en ligne dans les années 2000, les photographes professionnels sont divisés. Il y a ceux qui se sont lancés dans cette nouvelle aventure et il y a les autres qui refusent ce nouveau concept et y sont farouchement opposés. En raison de l’avènement du numérique et du développement des microstocks, le métier de photographe a évolué. On peut mettre dire qu’il a été chamboulé. Tout le monde ne s’y retrouve pas. Alors comment comprendre la controverse concernant les microstocks parmi les photographes professionnels ?

 

Ce qui a changé pour les photographes professionnels depuis l’arrivée du numérique et des microstocks

Le développement d’Internet et la propagation des images en ligne a profondément fragilisé le métier de photographe professionnel. En effet, la moitié des entreprises françaises de photographie ont disparu entre 2000 et 2010. Et nombre de photographes ont vécu une baisse drastique de leur revenus. En cause, la concurrence d’Internet et de la démocratisation des appareils photos numériques. Traditionnellement, ils avaient deux types de clients :

  • des particuliers qui faisaient appel à leurs services pour des événements comme les mariages, les baptêmes, des fêtes…
  • des professionnels qui avaient besoin d’images pour leur publicités, prospectus, articles…

Les premiers choisissent de plus en plus de prendre leurs photos eux-mêmes ou de demander à leurs amis de le faire. Quant aux seconds, ils se fournissent majoritairement en ligne à bas prix. Par ailleurs, historiquement, les clients principaux des photographes professionnels était la presse. Et cette industrie, tout le monde le sait, a été gravement impactée par l’arrivée d’Internet ce qui a eu une conséquence directe sur l’activité des photographes.

 

Ce que certains photographes professionnels reprochent aux microstocks

Au jour d’aujourd’hui, beaucoup de photographes professionnels en veulent aux banques d’images. Ils leur font porter la responsabilité du déclin de leur profession. Malheureusement, ils n’ont pas toujours pris le temps de bien comprendre ce qu’est un microstock et comment en tirer profit. Ainsi, on trouve sur la toile certains articles de photographes professionnels qui “diabolisent” les microstocks. Le plus populaire d’entre eux est celui rédigé sur le blog Aube Nature.

 

🔸Droit de réponse à Cédric Girard du blog Aube Nature

Si vous recherchez simplement “microstock” dans Google, vous trouverez en première page et en première place un vieil article extrêmement bien référencé du blog Aube Nature 10 bonnes raisons d’éviter les microstocks.

Article Aube Nature contre les microstocks | Vendre ses photos en ligne
Article Aube Nature contre les microstocks | Vendre ses photos en ligne

 

 

Figurez-vous que cet article date du 26 mars 2011 et qu’il se trouve toujours en première position de Google pour la recherche “microstock”. Tout d’abord qui est Aube Nature ? C’est un blog tenu par Cédric Girard, un auteur photographe professionnel. Il a créé son blog en 2006, celui-ci est très bien référencé et reçoit énormément de visites encore aujourd’hui.

Aujourd’hui, j’ai envie de reprendre les reproches que Cédric Girard avait à l’encontre des microstocks pour vous donner mon point de vue. Voici mon droit de réponse :

 

Vous allez toucher des clopinettes !”

Cédric Girard compare le prix de vente des images sur les microstocks, quelques centimes d’euros au prix auquel il a cédé les droits sur une de ses photos, 1500 €.

 

🤔 Mon avis

Cet argument ne tient pas la route pour plusieurs raisons. Effectivement, il remet en question le principe même du microstock, c’est-à-dire celui de pouvoir vendre la même image un grand nombre de fois à différents acheteurs. Il se trouve que le revenu total des ventes d’une image n’est pas déterminé à une date T. En effet, il est possible de vendre l’image à vie. Par là même, les gains sur une image sont en constante augmentation avec le temps.

De plus, il compare le prix de vente d’une image sur les microstocks avec la rémunération qu’il a reçue en cédant les droits de sa photo. Hors, tous les contributeurs sur les microstocks restent propriétaires de leurs images. Ils ne cèdent donc pas leur droit aux banques d’images. On ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable.

 

Vous allez être noyés dans la masse !”

L’argument de Cédric Girard mélange 2 choses différentes : le fait d’être un contributeur parmi beaucoup d’autres et le nombre de photos moyen vendues par an et par contributeur, 38 selon lui à l’époque.

 

🤔 Mon avis

Je pense que Cédric Girard a écrit son texte un peu rapidement, sans construction et sans argumentaire. Dans la vie, nous sommes tous au milieu des autres, c’est le lot de chaque être humain. Notre rôle est d’arriver à exprimer notre individualité dans ce monde parmi tous les autres êtres humains qui tentent aussi de s’exprimer. Chacun a son chemin et ses particularités, tout le monde est différent. Et dans le monde de l’art, personne n’est en compétition avec personne. Sur les microstocks, c’est la même chose pour les photographes. Chacun a son style et existe par lui-même, il n’y a aucune différence par rapport à la vie en société.

En ce qui concerne le chiffre qu’il avance sur le nombre moyen d’images vendue par contributeur, il n’a aucune valeur réelle. Une moyenne n’est pas la réalité. En outre, il faut savoir que beaucoup se lancent sur les microstocks mais que peu d’entre eux persévèrent. Il faudrait des statistiques plus précises sur les réels gains des contributeurs qui travaillent sérieusement, et non pas des statistiques sur la quantité de personnes qui pensent gagner rapidement de l’argent et qui, déçues après un cours investissement de leur part, abandonnent leur projet en laissant les quelques photos qu’ils ont envoyées en ligne. 

 

Une photo est toujours vendue une seule fois par client !”

Cédric Girard compare le fait que le photographe traditionnel vend sa photo en droit géré à un client unique pour un usage unique aux microstocks qui concèdent les droits d’utilisation des images à vie via leur licence libre de droit.

 

🤔Mon avis

C’est un faux problème. D’abord, chaque licence a ses avantages et ses inconvénients. La licence en droit géré est plus contraignante pour le client et coute plus chère. Par ailleurs, la licence libre de droit exclut aussi certains usages comme le fait d’utiliser la photo comme logo ou encore de l’utiliser pour vendre des produits sur lesquels elle sera imprimée. Pour ces usages, il existe une autre licence plus cher, entre 50 et 100 €. Ainsi, tout n’est pas aussi simple que ça et il faut savoir de quoi on parle lorsqu’on compare les choses.

 

Vous n’avez strictement aucun contrôle sur le devenir de vos images !”

Cédric Girard aime avoir le contrôle sur l’utilisation de ses images. Effectivement, les contributeurs sur les microstocks ne connaissent pas les personnes qui achètent leurs images ni l’utilisation qui en sera faite.

 

🤔 Mon avis

C’est un des aspect qu’il faut accepter lorsqu’on décide de vendre ses photos sur les banques d’images en ligne. En effet, puisque le principe est de vendre beaucoup d’images, il serait trop compliqué de tout vouloir contrôler. Être contributeur sur les microstocks nécessite d’avoir la qualité de lâcher-prise. Par ailleurs, l’avantage en est que vous n’avez pas besoin vous-même de chercher des clients ni de gérer toute la relation clientèle. Ce bénéfice est non négligeable pour les artistes qui n’aiment pas cette partie de leur travail.

 

“Vos photos vendues en microstocks sont perdues à jamais !”

Cédric Girard affirme, un peu rapidement, que les photos vendues sur les microstocks sont perdues à jamais et ne peuvent plus être récupérées ni revendues par soi-même par la suite.

 

🤔 Mon avis

Cette fois-ci, Cédric Girard ne sait pas de quoi il parle. En effet, le fait de soumettre ses photos à la vente sur les microstocks ne veut pas dire que le photographe perd les droits sur son image. Au contraire, il les garde et peut à tout moment, en respectant la règlementation et les délais du microstock, retirer ses images de la vente et ainsi les récupérer et en faire ce qu’on veut.

 

Conclusion

Il existe un certain tabou concernant les microstocks au sein d’une partie de la communauté des photographes professionnels. Qui s’y frotte s’y pique. Et parfois, les échanges peuvent être houleux entre les pro et les anti microstocks comme un peut le voir sur des blogs ou des forums. Certains photographes professionnels comme Cédric Girard ont un extrême besoin de contrôler leurs créations. Ils aiment aussi voir la valeur de leurs photos reconnue en les vendant à l’unité à un prix élevé. Pour cette raison, je comprends qu’ils ne veulent pas proposer leurs photos à la vente sur les microstocks.

Par contre, je trouve dommage qu’ils critiquent ceux qui aiment cette façon de vendre. Aucune des deux manières de vendre, la traditionnelle à l’ancienne et la nouvelle sur Internet n’est parfaite ni exempte de défauts et de contraintes. Le monde évolue sans cesse et nous devons nous adapter. Alors que chacun ait le choix de ce qu’il aime et de ce qui lui convient. Et ne laissons pas la peur du changement et de la différence envenimer encore plus les relations entre photographes. Les taxis souffrent de la concurrence de Uber, les hôtels  de celle de AirB&B, la poste de celles email… Il y a ceux qui luttent contre l’évolution et ceux qui en profitent et qui évoluent. À vous de choisir quel courant vous voulez suivre. Peut-être que mon article 8 bénéfices à vendre ses photos en ligne sur les microstocks vous permettra à vous aussi de voir les avantages à vendre sur les banques d’images en ligne.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Et vous, que pensez-vous de l’évolution de la profession de photographe et des microstocks en général ? Sentez-vous libre de partager, dans le respect votre expérience et / ou votre avis sur le sujet.

2 réflexions sur “Comment comprendre que certains photographes diabolisent les microstocks”

  1. Bonjour,
    Je ne suis pas d’accord avec vous sur le dernier point, concernant la perte des photos vendues. Certe à tout moment on peut retirer nos photos des microstocks, mais celles déjà vendues sont lâchers on ne sait où et peuvent servir à plein de choses sans qu’on le sache ni ne touchions quoi que ce soit.
    Il faut l’avoir en tête et l’accepter.

    1. Bonjour Stéphane,

      Merci d’avoir partagé votre point de vue sur l’article !

      Vous avez parfaitement raison de relever qu’une fois nos photos mises à la vente sur les microstocks, et surtout une fois vendues, il est très difficile, voire impossible de savoir l’usage qui en sera fait. Mais n’oublions pas que le même sort est réservé pour absolument toute image partagée en ligne, que ce soit sur les réseaux sociaux ou même sur un site de photographe personnel. En ce sens, toute image mise sur le web nous échappe, alors pourquoi ne pas au moins en tirer profit en les vendant ?

      Par ailleurs, si vos images sont à la vente sous licence (par exemple sur un microstock), elles sont quand même mieux protégées que si elles sont simplement partagées sur un site de photographe ou sur un réseau social. En effet, si vous apprenez par hasard qu’une personne en a fait usage sans posséder de licence d’utilisation, la loi vous permet de la poursuivre et de demander des dommages et intérêts.

      Oui, vendre ses photos en ligne oblige à un certain lâcher prise qu’il faut accepter pour savoir profiter de la facilité à vendre 😉

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